La ville qui tue des femmes
Depuis 1993, 2 000 jeunes femmes y sont portées disparues. Plus de 500 cadavres ont été retrouvées. Pas un mois ne passe sans une nouvelle disparition ou la découverte d'une dépouille. Depuis janvier, on ne dénombre pas moins de 14 tuées et 3 disparues. La plupart des victimes viennent de familles pauvres, exploitées dans des maquiladoras [2] , qui, à Juarez, poussent comme des champignons.
Nakarowari Leal Ortiz a 30 ans et vient de Juarez. En 2001, sa mère, institutrice, apprend que le corps d'une de ses anciennes élèves vient d'être retrouvé dans une décharge. La mère de Nakarowari créé alors l'association Nuestras hijas de regreso a casa (Que nos filles rentrent à la maison) pour alerter les médias et dénoncer l’impunité dont bénéficie les réseaux mafieux qui orchestrent les meurtres avec la complaisance d’une police corrompue.
[1] Les oubliées de Juarez, de Gregory Nava
[2] Les maquiladoras sont des zones franches employant une main d'œuvre bon marché. La quasi totalité des employés sont des femmes sous-payées qui ne bénéficient d’aucune protection sociale. Les maquiladoras profitent également de normes environnementales peu exigeantes et d’une faible taxation.
