vendredi 6 juin 2008

Quand télévision et communautarisme font bon ménage

Au Royaume Uni, la logique communautariste s’installe sur les plateaux de télévision. La chaîne de télévision Islam Channel doit lancer prochainement "Faith off" le premier jeu télévisé dans lequel s’opposeront les communautés religieuses : juifs contre musulmans, sikhs contre chrétiens ou encore hindous contre bouddhistes. Deux équipes de quatre candidats devront s’affronter sur des questions touchant à la culture générale et à la religion. Tel est le programme annoncé. Avec ce jeu d’un genre nouveau, Islam Channel espère promouvoir l'entente cordiale et le respect mutuel entre les communautés religieuses de Grande-Bretagne.

Le débat religieux s’invite également dans les émissions de télé réalité. L'émission "Make me a muslim !" (en français "Faîtes de moi un musulman !") diffusée par la chaîne Channel 4 suit le parcours "d’un groupe de bénévoles du Yorkshire qui accepte de vivre selon les principes islamiques dans le but de mieux comprendre cette religion et de voir ce qu'elle peut apporter à leur vie". Dans le premier épisode, Ash, un jeune homme de culture musulmane, espère ainsi convaincre la famille pratiquante de sa petite amie de l’accepter. Parmi les six bénévoles, trois seulement se présenteront à la prière du vendredi, laissant l’imam un peu désappointé. "Va-t-il réussir, avec son équipe de mentors, à être en mesure de convaincre le groupe rebelle que l'Islam a vraiment quelque chose à leur offrir ?", peut-on lire sur le site de l'émission. Gangrenés comme jamais par le communautarisme musulman, nos voisins anglais ne savent décidément plus quoi inventer pour s’auto-persuader des « bienfaits » du relativisme culturel.

jeudi 5 juin 2008

Des miliciennes en rose

Sampat Pal Devi, indienne, est chef de gang. D’un gang assez particulier. Composé exclusivement de femmes, ce gang a décidé de rendre sa propre justice face aux violences faîtes aux femmes contre lesquelles les autorités ne font rien. Ce gang compte 200 justicières dispersées dans plusieurs villages qui, à la moindre alerte, enfilent saris de combat roses et s’arment de bâtons pour porter secours aux femmes opprimées.

Récemment, le gang rose a défendu la cause de Chunna Devi, une habitante d'un petit village du sud de l'Uttar Pradesh une région pauvre du nord de l'Inde. Montrant des foulards maculés de sang, Chunna Devi raconte son agression : "Regardez ce qu'ils m'ont fait. A cinq, ils m'ont jeté des briques et ont donné des coups de bâton à moi et à ma fille". Chunna Devi a déposé plainte au commissariat le plus proche. Plainte qui restera sans suite : "Ils ont été payés pour abandonner l'enquête", soupire Chunna Devi. En Inde, les hommes politiques sont corrompus et soutiennent la mafia. Sampat Pal Devi promet de rendre justice à Chunna. Accompagnée d’une dizaines de "sœurs" toutes armées de bâtons, elle ira bientôt au commissariat pour demander des comptes.
En Inde, les femmes subissent des discriminations inhumaines. Donner naissance à une fille est considérée comme une malédiction : nombreuses sont les femmes qui pratiquent des avortements clandestins lorsqu'elles apprennent que leur enfant est une fille, pour éviter ainsi de payer une dot au moment du mariage. Celles qui viennent au monde ne sont guère plus chanceuses. Dès leur plus jeune âge, beaucoup d’entre elles sont prostituées par leur parent, mariées de force ... Les viols perpétrés par les époux sont innombrables et ne sont pas sanctionnés par la loi.
A 47 ans, Sampat Pal Devi connaît bien ces injustices pour les avoir subies elles mêmes. Mariée de force à l’âge de 9 ans, elle doit abandonner l’école. Quatre ans plus tard, elle accouche de son premier enfant. Loin de s’abandonner à son sort, elle profite de la nuit pour apprendre à lire et à écrire puis parvient à convaincre son mari d’aller s’installer en ville. C’est à ce moment là qu’elle commence à recueillir des témoignages de femmes maltraitées.
Il y a deux ans, elle créé le gang rose. Sampat Pal Devi dit s’être inspirée de Rani Laxmibai, une reine qui en formant sa propre armée en 1857 avait tenu tête aux troupes britanniques pendant plus d'un an. "Une femme peut mettre en échec les plus puissants", en a-t-elle conclu. Son refus de la résignation lui vaut d’être adulée comme une déesse par les paysannes…
Les femmes du gang s’entraînent régulièrement au maniement du bâton d’ordinaire réservé aux hommes lorsqu’ils travaillent dans les champs. Jusqu’à présent, le gang a toujours réussi à obtenir ce qu’il voulait sans avoir besoin de faire usage de la violence. Le gang inspirerait-il à ce point la peur ? "les policiers réfléchissent à deux fois avant de nous disperser à coups de matraque" explique une membre du gang ...