mercredi 24 juin 2009

Call to action on June 26 to commemorate Neda and in solidarity with the people of Iran

Message reçu ce jour de Maryam Namazie :

Neda Agha-Soltan, the 27 year old shot in the chest by the Islamic regime of Iran’s Baseeji security forces on June 20 died before our very eyes
(worker-communistpartyofiran.blogspot.com/2009/06/khamenei-responsible-for-n
edas-murder.html).

We witnessed her last breaths; and felt the rage of the millions on the streets of Iran.

In an interview with Persian media, her fiancé, Caspian Makan, said that some news sites had erroneously reported that she was a supporter ofMousavi. 'This is not the case’ he said, ‘She was never supportive of either of these two groups. She wanted freedom; freedom for everyone.'(1)

There are times in history when individuals or tragic events become symbols and, today, Neda has become ours.

She symbolises all the beloved we have lost to this indiscriminate killing machine. But she also represents the refusal to kneel and the desire for a life worthy of 21st century humanity.

On Friday, June 26, come out to remember Neda and the over 200 killed during these past few days and to show your solidarity with the people’s revolutionary movement in Iran. June 26 is significant because four global union organisations representing over 170 million workers have called a worldwide action day to demand justice for Iranian workers (2).

We can and must turn this day into a day of condemnation of the Islamic regime.

To see Maryam Namazie’s interview with Fariborz Pooya and Bahram Soroush on the June 26 day of action and things you can do, click here:
http://www.youtube.com/watch?v=Hi_N5_CoMto&feature=channel_page
And an interview on the situation in Iran:
http://www.youtube.com/watch?v=Ue0Se1PJMxQ

To see Fariborz Pooya’s interview with Hamid Taqvaee on the demand to isolate the Islamic regime and shut down its embassies, click here:
http://www.youtube.com/watch?v=k0fmHK4C_PI

To see received messages of solidarity, click here:
worker-communistpartyofiran.blogspot.com/2009/06/continue-to-send-solidarity
-messages-to.html. Send your messages of solidarity with the people of Iran
to be read over our 24 hour New Channel TV station to wpibriefing@gmail.com.

To listen to Maryam Namazie’s interview on BBC radio today on the situation in Iran, click here: www.bbc.co.uk/iplayer/console/p003fxxh (begins at 7:00 minutes)

To read Maryam’s letter to the editor published in the Evening Standard, click here:
http://worker-communistpartyofiran.blogspot.com/2009/06/isolate-regime.html
To read an indepth interview with Hamid Taqvaee on the election farce in Iran, click here:
http://worker-communistpartyofiran.blogspot.com/2009/06/on-iranian-election-
prosecute-them.html

For details on the various demonstrations on June 26, click here:
http://www.itfglobal.org/news-online/index.cfm/newsdetail/3413

Some of the demonstrations are listed below. They will be held at consulates and embassies of the Islamic Republic of Iran:
Ottawa, Canada, 12-3pm
Copenhagen, Denmark, 12pm
Helsinki, Finland, 11am
Frankfurt, Germany, 11am
Bern, Switzerland, 12pm
Canberra, Australia, 12pm
Stockholm, Sweden, 12pm
London, UK, 12:30, 16 Princes Gate, London SW7 IPT
There is also a march organised on Saturday 27 June beginning at 2pm at the former Bank Melli building (High Street Kensington station) and moving towards the Islamic regime’s embassy from 2:30pm with a demonstration at the embassy from 3-6pm.

You can also get up to date information on the situation in Iran here:
http://worker-communistpartyofiran.blogspot.com/

You can see live programmes in Persian on New Channel TV at:
http://www.newchannel.tv/

You can also see updates in Persian at http://www.rowzane.com

(1) http://www.bbc.co.uk/persian/iran/2009/06/090622_mm_neda_soltan.shtml.
Interestingly the BBC failed to translate this and other key bits of information into its English piece on the same interview.

(2) http://www.itfglobal.org/news-online/index.cfm/newsdetail/3413

dimanche 21 juin 2009

Solidarité avec le peuple Iranien

En lien, le blog de Maryam Namazie pour se tenir au courant de la situation en Iran :
http://worker-communistpartyofiran.blogspot.com/

Et une page de soutien sur Facebook en faveur d'élections libres et non truquées :
http://www.facebook.com/group.php?gid=109120756688&ref=mf

mercredi 6 mai 2009

Ne cédons pas sur nos principes

Les Rencontres Laïques Internationales de Saint-Denis des 4 et 5 avril 2009 ont permis une importante clarification politique. Cette clarification était devenue d’autant plus indispensable que les dérives de certains laïques sont sans cesse croissantes. Encore uni il y a tout juste cinq ans pour se battre en faveur de la loi du 15 mars 2004, le camp laïque est aujourd’hui divisé, en France comme à l’étranger. Que s’est-il donc passé ?

Réaffirmons la liberté de conscience absolue
En France, le premier clivage est apparu lors de l'affaire Truchelut. Alors gérante d'un gîte, Fanny Truchelut avait refusé l'accès à ses services à deux musulmanes au motif qu'elles portaient le foulard islamique. Traduite devant les tribunaux par les deux musulmanes qui s’étaient avérées être des militantes de l’islam politique, Fanny Truchelut a été condamnée pour discrimination en raison de l’appartenance religieuse. Face au danger islamiste qui pèse sur l’Europe, certains laïques ont saisi cette opportunité pour réclamer l’interdiction du voile dans tout l’espace public. Plutôt que de s’attaquer fermement aux prédicateurs intégristes qui exercent une pression sociale sur leur environnement pour forcer les femmes à porter le voile, certains laïques veulent bafouer la liberté de conscience absolue, vidant ainsi la laïcité de son sens.

La lutte contre les discriminations, une lutte prioritaire
Autre clivage : des universalistes taxent automatiquement de « communautaristes » quiconque ose faire état des discriminations que subissent de plein fouet les femmes, les handicapés, les homosexuels et les personnes d’origine étrangère. Et leur argumentaire est lapidaire. A les écouter, ceux qui mettent en avant le problème des discriminations le font avec en arrière-pensée des revendications identitaires visant à instaurer la discrimination positive en France ! Sous prétexte que la Constitution française garantit l’égalité entre tous les citoyens, ces universalistes disqualifient quiconque rappelle le fossé qui existe très souvent entre égalité proclamée et égalité réelle. Une attitude qui a tout de l’hypocrisie. Ces universalistes invoquent la Constitution, si chère aux laïques, pour se cacher derrière elle et mieux nier le racisme, la xénophobie et les discriminations, pour la simple et bonne raison qu'ils figurent eux-mêmes parmi les instigateurs. Certes, il existe des groupes qui réclament des droits spécifiques en raison des discriminations subies. Et il est très important de s’en démarquer et de les dénoncer. Mais il existe aussi des groupes qui luttent contre les discriminations au nom de valeurs universelles garantissant les mêmes droits pour tous. Ceux-là, nous devons leur apporter notre soutien. Comment lutter efficacement contre les discriminations ? Ce débat-là, il faudra bien que les universalistes s’en emparent pour ne pas le laisser aux seules mains des communautaristes.

Dénoncer le terrorisme islamiste ne doit pas nous rendre aveugle face au terrorisme d’Etat
Au nom de la lutte contre le terrorisme, la tentation est forte, pour certains universalistes, de justifier les politiques bellicistes des Etats-Unis et d’Israël. Des politiques pourtant désastreuses tant sur le plan humain que sur le plan stratégique relevant de l'intérêt même de ces pays. A quoi ont abouti les « guerres préventives » déclenchées par l’administration Bush ? La reconstruction de l’Irak au seul profit des entreprises américaines, l’incapacité de l’armée américaine à protéger la population civile en Irak et dont les victimes se comptent par milliers chaque semaine, la légalisation de la torture ont fini de décrédibiliser la plus grande puissance occidentale sur le plan international. Les Etats-Unis sont désormais perçus par le monde arabe comme une puissance hostile, colonialiste et bien peu soucieuse des droits de l’Homme en dehors de son territoire. En Tchétchénie, en Irak et en Afghanistan, les grandes puissances ont mis au pouvoir les islamistes. C'est-à-dire ceux-là mêmes qui sont en position d’alimenter la matrice idéologique menant de l’islamisme au terrorisme. Comment des personnes qui se disent « universalistes » peuvent-elles à ce point se fourvoyer en justifiant des politiques qui ont conduit à un désastre humain et à la mise au pouvoir de nos pires ennemis ?

Tous les intégrismes ont le même potentiel de nuisance
Dans la même logique, tous les intégrismes ne se vaudraient plus. La même parole de haine devient mille fois pire dès lors qu’elle sort de la bouche d'un intégriste musulman plutôt que d'un intégriste chrétien, juif ou hindouiste. Pourtant, les intégrismes sont tous porteurs des mêmes intolérances envers les femmes, les homosexuels, les minorités religieuses et les classes populaires. Dans l’Histoire, tous les intégrismes sans exception ont abouti à des exactions et des massacres de masse. Par principe, ils méritent donc la même condamnation. Le seul aspect qui différencie les intégrismes est leur influence sur la vie politique qui varie en fonction du temps et de la géographie. Au Moyen-Orient et dans certains pays européens comme la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, c’est effectivement l’islamisme qui pose le plus de problèmes. En Pologne, c’est incontestablement l’intégrisme chrétien alors qu’en Inde c’est bel et bien l’intégrisme hindou. En Israël, ce sont les intégristes juifs. Mais quiconque rappelle ces faits est aussitôt accusé de complaisance envers l’islamisme ou d’être un agent de Tariq Ramadan.

Réaffirmons la libre critique de l’islam tout en dénonçant le racisme anti-musulman
Plus spécifiquement, l'intégrisme musulman ne serait plus un problème politique mais un problème religieux. C'est ce que défend la sociologue d'origine syrienne Wafa Sultan dont les prises de position pleuvent de propos de cette teneur : « les musulmans constituent une nation rigide exempte de cerveau » Ou encore :
« pour les musulmans, tuer est un loisir », « la vie n’a pas de valeur pour le musulman » (http://www.mediarabe.info/spip.php?article1644)
De tels propos haineux ne l’ont pourtant pas empêchée d’être invitée l'an dernier par Ni Putes Ni Soumises à l’université de Dourdan dans le 91. C'est dire si la confusion règne entre critique des dogmes de l’islam et mise en accusation de toute une communauté en raison de son appartenance religieuse.
Certains laïques, aveuglés par leur haine de l'islamisme, ont donc petit à petit glissé de la critique légitime de l’islam vers l’incitation à la haine envers la communauté musulmane. Le racisme anti-musulman n’existerait pas, clament-ils pour se donner une légitimité. Autrement dit, inciter à la haine envers la communauté musulmane n’est pas condamnable. Inciter à la haine envers la communauté juive est pourtant un racisme qui s’appelle l’antisémitisme. Dès lors, pourquoi s’entêter à récuser l’usage des mots « racisme anti-musulman » si ce n’est cette volonté de nier la souffrance de l’autre, de faire de l’anti- racisme à géométrie variable qui n’est que le pendant de celui des Indigènes de la république qui pensent que le racisme anti-blanc n'est pas vraiment du racisme ?

Marginaliser une communauté ne peut avoir d'autre conséquence que de la radicaliser. La communauté musulmane est notre meilleur atout dans la lutte contre l'intégrisme et le terrorisme. Bien sûr, il n'est ici nullement question d'accorder aux musulmans un quelconque traitement de faveur ou des droits spécifiques. Il s’agit simplement de réaffirmer que les musulmans disposent des mêmes droits et des mêmes devoirs que tout autre citoyen. C’est ainsi qu'on éloignera les musulmans du discours intégriste, discours généralement d'autant plus séducteur que les injustices subies sont importantes.

C’est avec ces débats en tête que nous avons décidé d’organiser les 2e Rencontres Laïques Internationales de Saint-Denis. Avec ces rencontres, il s’agissait de se démarquer de positions qui nous paraissent inacceptables tout en réaffirmant notre attachement à la loi de 1905 pour laquelle nous ne tolérerons aucune concession. A partir de ces bases solides, le chemin est désormais tracé pour ce qui peut devenir demain un grand mouvement laïque à dimension internationale, articulé autour de valeurs universelles et anti-racistes que nous défendrons bec et ongles.

Paru dans UFAL Flash 77

mercredi 25 mars 2009

Drôle

mardi 10 mars 2009

Excommunication de la mère d'une enfant violée

Une mère brésilienne a fait avorter sa fillette de 9 ans, enceinte de jumeaux, qui avait été violée par son beau-père. Jeudi dernier, l'archevêque de Recife dans le nord-est du Brésil a excommunié la mère de l'enfant. L'excommunication a été étendue à toute l'équipe médicale qui a pratiqué l'opération. Le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques au Vatican, a justifié l'excommunication de la mère: "C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient deux personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées", a déclaré Mgr Re, qui est également président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine. "Il faut toujours protéger la vie, l'attaque contre l'Eglise brésilienne est injustifiée", a-t-il estimé. Porter l’enfant issu d’un viol comme seconde humiliation, c’est cela le christianisme officiel ?

Vendredi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait vivement critiqué l'excommunication de l'archevêque de Recife, "déplorant profondément en tant que chrétien et catholique qu'un évêque de l'Eglise catholique ait un comportement aussi conservateur". D’autant que la grossesse de la fillette comportait de hauts risques et mettait la vie de l'enfant en danger. Au Brésil, l'interruption volontaire de grossesse est toujours interdite, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère.

Le violeur, quant à lui, n’est pas excommunié. Car "le viol est moins grave que l'avortement" a expliqué Giovanni Battista Re. Au nom d’un christianisme rétrograde et sexiste, le Vatican a donc choisi de culpabiliser la mère en lieu et place du violeur de son enfant. Ce n’est pas la première fois que le Vatican protège ainsi des prédateurs sexuels. Par le passé, le Vatican a étouffé de nombreuses affaires de pédophilie dans le plus grand mépris de la souffrance des victimes et de leurs familles. A cet égard, voir le Vatican se poser en défenseur des intérêts de l’enfant (à naître) alors qu’il laisse des pédophiles agir impunément et en toute liberté a de quoi laisser rêveur. Dans le débat sur l’avortement, c’est bien le contrôle du corps des femmes par les hommes, puisse-t-il aller jusqu’au viol, qui est en réalité clairement revendiqué. Et si le Vatican avait un tant soi peu de « respect pour la vie » comme il le prétend, il commencerait par s’attaquer au douloureux problème que représente l’infanticide des petites filles en Chine et en Inde. Mais ces fillettes assassinées ne constituent apparemment pas des personnes innocentes très intéressantes. Le Vatican n’a pas l’amour de la vie et ne protège pas les enfants. Le Vatican n’a que du mépris et de la haine pour les femmes.

dimanche 18 janvier 2009

Le Hamas montre son vrai visage

Tous les démocrates et amoureux de la liberté peuvent frémir. Les députés palestiniens du Hamas, qui forment la majorité au conseil législatif palestinien, viennent d'approuver l'adoption d'une loi inspirée de la Charia. Cette loi prévoit l'introduction de nouvelles sanctions pénales : lapidations, amputations mais aussi crucifixions sont les traitements inhumains mis à l'ordre du jour.
La peine de mort est prévue en cas de trahison, collusion avec un ennemi, utilisation d'armes contre des palestiniens et homicides. Concernant les moeurs, c'est toujours la même haine de toute liberté qui anime les députés du Hamas. La lapidation s'appliquerait à tout musulman qui boit, fabrique et même possède de l'alcool. Même sanction pour ceux qui joueraient à des jeux d'argent ou porteraient atteinte aux valeurs islamiques. Quant aux voleurs, c'est l'amputation. Plus largement, tout comportement jugé « anti-islamiste » sera tout simplement puni par lapidation.

Lors de la commémoration du 21ième anniversaire de sa création, il y a quelques jours, le Hamas a fait prêter serment à la population de Gaza sur la "fidélité à l'organisation des Frères musulmans", et non pas à la Palestine ou à l'Etat de Palestine. Ce qui est anormal pour ne pas dire une trahison.

Les mouvements communautaristes, tels que les indigènes de la République, qui ont apporté officiellement leur soutien au Hamas nuisent à l'intérêt des Palestiniens et à la cause pro-Palestinienne dans son ensemble. La nécessaire critique de la politique israélienne ne doit en aucune manière se transformer en soutien inconditionnel à une organisation terroriste qui légalise la torture envers le peuple qu'elle prétend pourtant défendre dès qu'il s'agit d'Israël.

Les faussaires de l'universalisme

Avec les récentes profanations de carrés musulmans et l'incendie criminel d'une mosquée, c'est une fois de plus la question de l'islam qui se retrouve propulsé au coeur de l'actualité. Si ces actes répugnants devraient susciter l'indignation générale et ainsi renforcer notre cohésion nationale, malheureusement il n'en est rien. Et certains « universalistes » vont même jusqu'à horrifier dans la mesure où ils minimisent la gravité des faits en expliquant que ces actes ne seraient, après tout, que de simples incivilités. Ces déclarations, tout autant que les profanations elles mêmes, sont choquantes. En tant que militants, ce type d'allégations devraient nous interpeller car elles sont malheureusement loin d'être anodines.

En vérité, l'islam et l'islamisme sont aujourd'hui le sujet majeur qui divise toute la gauche. Et le malaise est double. Au moment de l'affaire du voile, on a découvert avec stupeur cette partie de la gauche qui s'était alliée avec les islamistes par un prétendu anti-racisme et anti-impérialisme. Aujourd'hui, le camp laïque subit une autre mutation. Certains militants, qui avaient autrefois combattu pour dénoncer le danger islamiste et la montée du communautarisme, ont petit à petit dérivé pour endosser les habits du racisme anti-musulman, salissant ainsi l'idéal universaliste et laïque. De laïque, même s'ils continuent à s'auto-proclamer comme tels, il ne reste aujourd'hui pas grand chose.

Depuis un certain temps, ces faux laïques se sont transformés en marche pied de l'extrême droite en cultivant à l'égard de l'islam et des musulmans la même paranoïa et les mêmes thèses haineuses. La seule différence qui existe encore entre eux et le reste de l'extrême droite est que les faux laïques n'incitent pas directement à la violence (tout en en créant néanmoins l'atmosphère à terme) à l'égard de la population musulmane. Leur discours est en réalité beaucoup plus pervers et, en conséquence de quoi, moins détectable.

Pour véhiculer leur thèse, les faux laïques se cachent habilement derrière ce qu'ils appellent une « critique acerbe de l'islam » Le but est évidemment de chercher à se dédouaner de toute accusation en racisme . C'est sans compter sur le fait qu'ils développent à l'égard des musulmans un discours paternaliste les assimilant tous à des malades et à des handicapés qu'il faut forcer à se débarrasser de l'islam, religion présentée comme étant une maladie. Le comble du lamentable est atteint lorsque les faux laïques se présentent comme une chance pour les musulmans, ces derniers étant invités à les remercier. Remercier de quoi d'ailleurs ? D'être considérés avec un tel mépris ?
Derrière leur fameux « c'est l'islam qui pose problème », c'est donc bien l'idée suivante qui est théorisée : les musulmans seraient par essence des attardés incapables de rejeter, par la réflexion et la raison, les sourates caduques sexistes et attentatoires aux droits de l'homme. En résumé, on sort ici du champ de la simple critique d'une religion (par ailleurs tout à fait légitime) pour endosser celle du racisme.

Pour donner du point à leurs arguments, voici les axes développés par les faux laïques (et qu'ils n'ont fait que copier chez les théoriciens du racisme anti-musulman) :

- Affichant le plus grand mépris vis à vis de l'histoire de l'islam et de ses différents courants (dont certains étaient rationalistes), ils martèlent que l'islam est une idéologie comparable au nazisme. Mahomet serait l'incarnation personnifiée d'Hitler qui a laissé à travers le Coran le programme politique que les musulmans mettront en application dans un futur que nos faux laïques, tels des oiseaux de mauvais augure, nous assurent tout proche.

- Si nos faux laïques se réclament du féminisme, le sexisme et l'homophobie ne sont dénoncés que lorsqu'ils proviennent de l'islam. Et cela répond davantage à une volonté de stigmatiser la communauté musulmane (qui aurait l'apanage du sexisme et de l'homophobie) qu'une réelle adhésion à la lutte contre le patriarcat. En effet, voir nos faux laïques minimiser l'homophobie culturelle (qui tue puisqu'elle pousse des jeunes au suicide) tout en s'insurgeant contre l'homophobie d'Etat (dès qu'elle provient d'un pays musulman) a de quoi laisser rêveur.

- Les faux laïques ont un point commun avec les islamistes : celui de partager la même vision essentialiste, réactionnaire et tout au moins conservatrice de l'islam. S'appuyant sur une lecture littérale du Coran, ils affirment que l'islam n'est pas réformable et que le droit musulman doit être à jamais figé dans le temps. Un islamiste ne dirait pas mieux. En vérité, les faux laïques ont tout intérêt à ce que l'islam ne se réforme jamais puisque cela leur permet tout simplement d'en rajouter à foison sur l'incapacité des musulmans à toute auto-critique de leur religion …

- Inciter à la haine des musulmans est nié en tant que racisme à part entière. Leur lutte contre le racisme se réduit donc à la dénonciation de l'antisémitisme et du racisme anti-blanc alors que le véritable universalisme s'applique à dénoncer tous les racismes, sans exception.
Le projet politique des faux laïques se réduit à une phrase toute simple : « éradiquer l'islam ». Et l'éradiquer non pas de la sphère publique, comme le souhaitent les véritables laïques et cela quelque soit la religion, mais de la sphère privée. Interdire le voile dans toute la société, interdire toute pratique de l'islam tel est le programme. Et cela au nom de la « laïcité » qui est en réalité ici complètement détournée de son sens au plus grand bonheur de ses adversaires qui ont ici la preuve que certains laïques sont définitivement des anticléricaux primaires.

Les faux laïques justifient leur moindre parole au nom du fameux « politiquement incorrect » Ne nous laissons pas abuser. Si le politiquement incorrect fût un antidote salvateur contre la bien pensance de gauche qui a longtemps prédominé en refusant tout débat serein sur l'immigration et la délinquance, ce concept est aujourd'hui complètement détourné de son sens par les réactionnaires de tout poil qui le revendiquent pour tenir des propos racistes, sexistes et homophobes. Cela vaut pour nos faux laïques. Et leur accusation de « boboïsme » (qu'ils jettent continuellement à la figure de ceux qui, loin d'abandonner certaines thématiques à l'extrême droite, refusent de sombrer pour autant dans le racisme) est strictement identique à celle qui consistait à accuser systématiquement de lepénisme toute personne abordant le thème de l'insécurité ou de l'immigration afin de discréditer sa parole.

Se réclamer à la fois de l'universalisme tout en tenant un discours à l'égard des musulmans digne de l'antisémitisme des années trente, il fallait vraiment oser. Aujourd'hui dans une impasse idéologique, nos faux universalistes se retrouvent également dans une impasse stratégique aussi bien que politique.

En refusant d'aborder le problème de l'islamisme à sa source et en prétendant y faire échec par le biais de politiques sécuritaires et liberticides à l'encontre des seuls musulmans, ils ne font qu'exacerber encore davantage les crispations identitaires. Penser qu'on va régler une bonne fois pour toute le problème de l'islam politique en interdisant le voile partout est une idée aussi stupide et liberticide que celle qui consistait à faire interdire le FN en 2002 pour faire reculer l'extrême droite.

En menant un combat athée auprès des musulmans, les faux laïques ne font que renforcer le discours intégriste qui n'a de cesse que d'assimiler la laïcité à l'athéisme afin de mieux la discréditer auprès des arabo-musulmans.

En érigeant en dogme l'idée que pour s'émanciper il faut obligatoirement rejeter l'islam, les faux laïques se sont à jamais coupés des musulmans progressistes qui se battent (et risquent parfois leur vie) pour une auto-critique de l'islam visant à adapter l'islam à la modernité. Il s'agit une fois de plus d'une très grave erreur stratégique puisque, pour que la lutte contre l'islamisme soit efficace, ce totalitarisme doit être combattu aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur de l'islam.

Renforcer l'intégrisme au lieu de l'endiguer, diviser le camp laïque alors qu'il aurait aujourd'hui besoin d'être rassemblé, renvoyer dans les cordes les musulmans progressistes (pourtant de précieux alliés), quel exploit. Mais les faux laïques auront commis leur ultime erreur en rejetant les nombreuses sympathies qu'ils n'ont pas manqué de susciter auprès de militants apparentés FN. Ainsi, ils se sont dissociés de leurs seuls alliés politiques objectifs qui ne comprennent plus très bien ce dédain soudain dont on fait preuve à leur égard.
Ce suicide politique est d'autant plus incohérent que les faux laïques ont soutenu envers et contre tout le député d'extrême droite Geert Wilders (qui a le même programme politique que LePen rappelons-le) ou encore le récent rassemblement à Cologne de toute l'extrême droite la plus infréquentable d'Europe. Quelles sont les raisons de ce choix ? Essayer tant bien que mal de se faire passer pour respectables alors que la sauce ne prend plus depuis longtemps parmi les militants laïques avertis ?

Quoiqu'il en soit, rejetés par les véritables laïques ainsi que par l'extrême droite, nos faux laïques se retrouvent seuls, complètement isolés sur l'échiquier politique. Un isolement qui va les propulser tous droit dans le fond du précipice, là où est définitivement leur place eux qui ont à jamais trahi l'idéal universaliste et républicain.

jeudi 1 janvier 2009

Photos de la Lifeparade 2008

Dans un précédent billet, je parlais des nouveaux slogans de la Lifeparade, manifestation anti-choix de l'extrême droite catholique. Pour voir les photos de la Lifeparade 2008 :
http://lifeparade.over-blog.com/album-1273034.html

Le triomphe des islamistes de Grozny

La population tchétchène n'est pas encore au bout de son calvaire. Après quinze années de guerre, le Kremlin a nommé à la tête de la république Ramzan Kadyrov, islamiste pur et dur et petit protégé de Vladimir Poutine en personne.

Déclenchée en 1999 des suites de l'incursion au Daghestan du wahhabite indépendantiste Bassaïev, la deuxième guerre de Tchétchénie, désignée par Poutine comme une opération « anti-terroriste », a coûté la vie à entre 100 000 et 300 000 civils tchétchènes.
Pro-fédéral et anti-wahhabite, Kadyrov est donc entré dans les bonnes grâces de Poutine qui lui a décerné la médaille du héros de la Russie. Et quel héros si on peut encore décemment utiliser ce terme pour un tel personnage.
Pendant l'affaire des caricatures, alors qu'il était premier ministre de la République de Tchétchénie, Kadyrov a interdit la présence sur le sol tchétchène d'ONG danoises dont certaines étaient dévouées à l'humanitaire. Kadyrov est décrit comme un nationaliste radical. Violent et antidémocratique, il est également accusé d'actes de torture et de meurtres.

Anna Politkovskaïa, la journaliste assassinée qui s'était brillamment illustrée par son courage en effectuant plusieurs reportages en Tchétchénie pour y dénoncer les atrocités qui s'y déroulaient a écrit dans l'un de ses derniers articles publié le 11 septembre 2006 : « Qu'est-ce que le syndrome Kadyrov ? On peut le caractériser par les traits suivants que sont l'insolence rustre et la cruauté masqués par du courage et de l'amabilité. En Tchétchénie le Kadyrovtsy frappe les hommes et les femmes à partir du moment où ils pensent que c'est nécessaire. Ils les décapitent de la même façon que leurs ennemis Wahhabites. Et tout ceci est justifié et commenté par les plus hautes autorités par "détails afin de soulever des Tchétchènes en faveur de la Russie". »

En résumé, loin d'avoir enrayé l'islamisme et le terrorisme, Poutine et sa brillante équipe n'ont réussi, tout au contraire, qu'à rendre cette région du monde encore plus dangereuse qu'elle ne l'était avant. Et cela en accomplissant ce qui relève d'un double exploit :
L'armée Russe, qui s'est rendue coupable d'actes de sauvagerie inouïe envers la population civile, n'a fait qu'exacerber les haines en poussant des Tchétchènes, désireux de venger leurs proches, vers le chemin du terrorisme. Une guerre bien improductive … et pour aboutir à quel résultat ? Finir par donner les rennes du pouvoir à ceux là même qui se revendiquent de l'islamisme, cette idéologie fascisante dans laquelle le terrorisme islamiste prend naturellement sa source. On tombe donc très loin des objectifs de départ tant clamés par Poutine.

Grozny, ville martyre de l'invasion Russe, a été rebâtie par Kadyrov qui tient plus du chef de secte que d'un véritable président. Pour cause, le culte de la personnalité est partout. "Ensemble, nous bâtissons le futur", dit un des portraits géants du président. Et quel futur !
En guise de projet politique, Ramzan Kadyrov souhaite « normaliser » la société tchétchène. Mais ce projet de normalisation n'a strictement rien à voir, comme on aurait pu s'y attendre, à un juste retour à la vie normale après quinze années de guerre. En réalité, l'actuel président souhaite imposer à l'ensemble de la société un ordre moral à cheval entre traditions patriarcales et islam rétrograde.

Désormais, le président l'a décidé, les jeunes filles doivent porter le foulard à l'université. Une mesure qui n'aurait « rien de très contraignant » selon les propres mots de Kadyrov. Peut être pour ne pas abattre d'un coup toutes les cartes du radicalisme, Kadyrov a affirmé que celles qui ne veulent pas avoir la tête entièrement recouverte peuvent se contenter d'un ruban négligemment noué sur les cheveux. Entendrons nous certains nous affirmer que Kadyrov est un des ces islamistes modérés avec lequel on peut bien s'accommoder ? Chassez le naturel, il revient au galop. Loin d'être modéré, Kadyrov a promis que les étudiantes, à partir de 2009, devront porter le hidjab. Pour se justifier, le président se dit certain qu'"elles adoreront cela"...

A la manière des intégristes chrétiens qui sont au pouvoir en Pologne, le rappel des normes de bonne conduite est omniprésent dans les médias. A la télévision, une émission est même dédiée à mettre en garde contre les tenues vulgaires et les moeurs déplacées. Bien sûr, cet ordre moral et sexuel vise uniquement les femmes qui, parait-il, en prendraient un peu trop à leur aise et qui sont donc systématiquement pointées du doigt comme étant fautives et impures.

La dégradation de la condition des femmes va donc en s'accélérant dans une société déjà fortement marquée par les traditions patriarcales. En novembre, les corps de sept jeunes filles assassinées par balles ont été découverts dans les environs de Grozny. Selon un responsable du parquet russe pour la Tchétchénie, les sept victimes, âgées de 25 ans à 30 ans, ont probablement "été victimes de criminels" qui auraient vu en elles "des femmes pouvant avoir un mode de vie amoral". Un mode de vie « amoral » qui peut donc justifier un abattage en bonne et due forme.
Mais pour Natalia Istemirova, qui dirige l'association de défense des droits de l'homme Memorial à Grozny, la vérité est ailleurs : "Ces assassinats n'ont rien à voir avec des crimes d'honneur parce que, dans ce cas, les jeunes filles, tuées par leur propre famille, sont enterrées et non pas laissées dans un fossé. Et puis en général, les familles font cela en secret." Selon elle, ces femmes auraient pu "être les témoins gênants de choses qu'elles n'auraient pas dû voir. Le fait que le parquet russe mette en avant l'amoralité des jeunes filles prouve", ajoute-t-elle, "qu'il n'y a pas de volonté de mener une enquête sérieuse". Qui dit vrai ? Personne n'a la réponse mais nul doute que les femmes Tchétchènes n'ont de toute façon pas de beaux jours devant elles. Kadyrov est en train de leur bâtir un futur sombre.