dimanche 18 janvier 2009

Le Hamas montre son vrai visage

Tous les démocrates et amoureux de la liberté peuvent frémir. Les députés palestiniens du Hamas, qui forment la majorité au conseil législatif palestinien, viennent d'approuver l'adoption d'une loi inspirée de la Charia. Cette loi prévoit l'introduction de nouvelles sanctions pénales : lapidations, amputations mais aussi crucifixions sont les traitements inhumains mis à l'ordre du jour.
La peine de mort est prévue en cas de trahison, collusion avec un ennemi, utilisation d'armes contre des palestiniens et homicides. Concernant les moeurs, c'est toujours la même haine de toute liberté qui anime les députés du Hamas. La lapidation s'appliquerait à tout musulman qui boit, fabrique et même possède de l'alcool. Même sanction pour ceux qui joueraient à des jeux d'argent ou porteraient atteinte aux valeurs islamiques. Quant aux voleurs, c'est l'amputation. Plus largement, tout comportement jugé « anti-islamiste » sera tout simplement puni par lapidation.

Lors de la commémoration du 21ième anniversaire de sa création, il y a quelques jours, le Hamas a fait prêter serment à la population de Gaza sur la "fidélité à l'organisation des Frères musulmans", et non pas à la Palestine ou à l'Etat de Palestine. Ce qui est anormal pour ne pas dire une trahison.

Les mouvements communautaristes, tels que les indigènes de la République, qui ont apporté officiellement leur soutien au Hamas nuisent à l'intérêt des Palestiniens et à la cause pro-Palestinienne dans son ensemble. La nécessaire critique de la politique israélienne ne doit en aucune manière se transformer en soutien inconditionnel à une organisation terroriste qui légalise la torture envers le peuple qu'elle prétend pourtant défendre dès qu'il s'agit d'Israël.

Les faussaires de l'universalisme

Avec les récentes profanations de carrés musulmans et l'incendie criminel d'une mosquée, c'est une fois de plus la question de l'islam qui se retrouve propulsé au coeur de l'actualité. Si ces actes répugnants devraient susciter l'indignation générale et ainsi renforcer notre cohésion nationale, malheureusement il n'en est rien. Et certains « universalistes » vont même jusqu'à horrifier dans la mesure où ils minimisent la gravité des faits en expliquant que ces actes ne seraient, après tout, que de simples incivilités. Ces déclarations, tout autant que les profanations elles mêmes, sont choquantes. En tant que militants, ce type d'allégations devraient nous interpeller car elles sont malheureusement loin d'être anodines.

En vérité, l'islam et l'islamisme sont aujourd'hui le sujet majeur qui divise toute la gauche. Et le malaise est double. Au moment de l'affaire du voile, on a découvert avec stupeur cette partie de la gauche qui s'était alliée avec les islamistes par un prétendu anti-racisme et anti-impérialisme. Aujourd'hui, le camp laïque subit une autre mutation. Certains militants, qui avaient autrefois combattu pour dénoncer le danger islamiste et la montée du communautarisme, ont petit à petit dérivé pour endosser les habits du racisme anti-musulman, salissant ainsi l'idéal universaliste et laïque. De laïque, même s'ils continuent à s'auto-proclamer comme tels, il ne reste aujourd'hui pas grand chose.

Depuis un certain temps, ces faux laïques se sont transformés en marche pied de l'extrême droite en cultivant à l'égard de l'islam et des musulmans la même paranoïa et les mêmes thèses haineuses. La seule différence qui existe encore entre eux et le reste de l'extrême droite est que les faux laïques n'incitent pas directement à la violence (tout en en créant néanmoins l'atmosphère à terme) à l'égard de la population musulmane. Leur discours est en réalité beaucoup plus pervers et, en conséquence de quoi, moins détectable.

Pour véhiculer leur thèse, les faux laïques se cachent habilement derrière ce qu'ils appellent une « critique acerbe de l'islam » Le but est évidemment de chercher à se dédouaner de toute accusation en racisme . C'est sans compter sur le fait qu'ils développent à l'égard des musulmans un discours paternaliste les assimilant tous à des malades et à des handicapés qu'il faut forcer à se débarrasser de l'islam, religion présentée comme étant une maladie. Le comble du lamentable est atteint lorsque les faux laïques se présentent comme une chance pour les musulmans, ces derniers étant invités à les remercier. Remercier de quoi d'ailleurs ? D'être considérés avec un tel mépris ?
Derrière leur fameux « c'est l'islam qui pose problème », c'est donc bien l'idée suivante qui est théorisée : les musulmans seraient par essence des attardés incapables de rejeter, par la réflexion et la raison, les sourates caduques sexistes et attentatoires aux droits de l'homme. En résumé, on sort ici du champ de la simple critique d'une religion (par ailleurs tout à fait légitime) pour endosser celle du racisme.

Pour donner du point à leurs arguments, voici les axes développés par les faux laïques (et qu'ils n'ont fait que copier chez les théoriciens du racisme anti-musulman) :

- Affichant le plus grand mépris vis à vis de l'histoire de l'islam et de ses différents courants (dont certains étaient rationalistes), ils martèlent que l'islam est une idéologie comparable au nazisme. Mahomet serait l'incarnation personnifiée d'Hitler qui a laissé à travers le Coran le programme politique que les musulmans mettront en application dans un futur que nos faux laïques, tels des oiseaux de mauvais augure, nous assurent tout proche.

- Si nos faux laïques se réclament du féminisme, le sexisme et l'homophobie ne sont dénoncés que lorsqu'ils proviennent de l'islam. Et cela répond davantage à une volonté de stigmatiser la communauté musulmane (qui aurait l'apanage du sexisme et de l'homophobie) qu'une réelle adhésion à la lutte contre le patriarcat. En effet, voir nos faux laïques minimiser l'homophobie culturelle (qui tue puisqu'elle pousse des jeunes au suicide) tout en s'insurgeant contre l'homophobie d'Etat (dès qu'elle provient d'un pays musulman) a de quoi laisser rêveur.

- Les faux laïques ont un point commun avec les islamistes : celui de partager la même vision essentialiste, réactionnaire et tout au moins conservatrice de l'islam. S'appuyant sur une lecture littérale du Coran, ils affirment que l'islam n'est pas réformable et que le droit musulman doit être à jamais figé dans le temps. Un islamiste ne dirait pas mieux. En vérité, les faux laïques ont tout intérêt à ce que l'islam ne se réforme jamais puisque cela leur permet tout simplement d'en rajouter à foison sur l'incapacité des musulmans à toute auto-critique de leur religion …

- Inciter à la haine des musulmans est nié en tant que racisme à part entière. Leur lutte contre le racisme se réduit donc à la dénonciation de l'antisémitisme et du racisme anti-blanc alors que le véritable universalisme s'applique à dénoncer tous les racismes, sans exception.
Le projet politique des faux laïques se réduit à une phrase toute simple : « éradiquer l'islam ». Et l'éradiquer non pas de la sphère publique, comme le souhaitent les véritables laïques et cela quelque soit la religion, mais de la sphère privée. Interdire le voile dans toute la société, interdire toute pratique de l'islam tel est le programme. Et cela au nom de la « laïcité » qui est en réalité ici complètement détournée de son sens au plus grand bonheur de ses adversaires qui ont ici la preuve que certains laïques sont définitivement des anticléricaux primaires.

Les faux laïques justifient leur moindre parole au nom du fameux « politiquement incorrect » Ne nous laissons pas abuser. Si le politiquement incorrect fût un antidote salvateur contre la bien pensance de gauche qui a longtemps prédominé en refusant tout débat serein sur l'immigration et la délinquance, ce concept est aujourd'hui complètement détourné de son sens par les réactionnaires de tout poil qui le revendiquent pour tenir des propos racistes, sexistes et homophobes. Cela vaut pour nos faux laïques. Et leur accusation de « boboïsme » (qu'ils jettent continuellement à la figure de ceux qui, loin d'abandonner certaines thématiques à l'extrême droite, refusent de sombrer pour autant dans le racisme) est strictement identique à celle qui consistait à accuser systématiquement de lepénisme toute personne abordant le thème de l'insécurité ou de l'immigration afin de discréditer sa parole.

Se réclamer à la fois de l'universalisme tout en tenant un discours à l'égard des musulmans digne de l'antisémitisme des années trente, il fallait vraiment oser. Aujourd'hui dans une impasse idéologique, nos faux universalistes se retrouvent également dans une impasse stratégique aussi bien que politique.

En refusant d'aborder le problème de l'islamisme à sa source et en prétendant y faire échec par le biais de politiques sécuritaires et liberticides à l'encontre des seuls musulmans, ils ne font qu'exacerber encore davantage les crispations identitaires. Penser qu'on va régler une bonne fois pour toute le problème de l'islam politique en interdisant le voile partout est une idée aussi stupide et liberticide que celle qui consistait à faire interdire le FN en 2002 pour faire reculer l'extrême droite.

En menant un combat athée auprès des musulmans, les faux laïques ne font que renforcer le discours intégriste qui n'a de cesse que d'assimiler la laïcité à l'athéisme afin de mieux la discréditer auprès des arabo-musulmans.

En érigeant en dogme l'idée que pour s'émanciper il faut obligatoirement rejeter l'islam, les faux laïques se sont à jamais coupés des musulmans progressistes qui se battent (et risquent parfois leur vie) pour une auto-critique de l'islam visant à adapter l'islam à la modernité. Il s'agit une fois de plus d'une très grave erreur stratégique puisque, pour que la lutte contre l'islamisme soit efficace, ce totalitarisme doit être combattu aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur de l'islam.

Renforcer l'intégrisme au lieu de l'endiguer, diviser le camp laïque alors qu'il aurait aujourd'hui besoin d'être rassemblé, renvoyer dans les cordes les musulmans progressistes (pourtant de précieux alliés), quel exploit. Mais les faux laïques auront commis leur ultime erreur en rejetant les nombreuses sympathies qu'ils n'ont pas manqué de susciter auprès de militants apparentés FN. Ainsi, ils se sont dissociés de leurs seuls alliés politiques objectifs qui ne comprennent plus très bien ce dédain soudain dont on fait preuve à leur égard.
Ce suicide politique est d'autant plus incohérent que les faux laïques ont soutenu envers et contre tout le député d'extrême droite Geert Wilders (qui a le même programme politique que LePen rappelons-le) ou encore le récent rassemblement à Cologne de toute l'extrême droite la plus infréquentable d'Europe. Quelles sont les raisons de ce choix ? Essayer tant bien que mal de se faire passer pour respectables alors que la sauce ne prend plus depuis longtemps parmi les militants laïques avertis ?

Quoiqu'il en soit, rejetés par les véritables laïques ainsi que par l'extrême droite, nos faux laïques se retrouvent seuls, complètement isolés sur l'échiquier politique. Un isolement qui va les propulser tous droit dans le fond du précipice, là où est définitivement leur place eux qui ont à jamais trahi l'idéal universaliste et républicain.

jeudi 1 janvier 2009

Photos de la Lifeparade 2008

Dans un précédent billet, je parlais des nouveaux slogans de la Lifeparade, manifestation anti-choix de l'extrême droite catholique. Pour voir les photos de la Lifeparade 2008 :
http://lifeparade.over-blog.com/album-1273034.html

Le triomphe des islamistes de Grozny

La population tchétchène n'est pas encore au bout de son calvaire. Après quinze années de guerre, le Kremlin a nommé à la tête de la république Ramzan Kadyrov, islamiste pur et dur et petit protégé de Vladimir Poutine en personne.

Déclenchée en 1999 des suites de l'incursion au Daghestan du wahhabite indépendantiste Bassaïev, la deuxième guerre de Tchétchénie, désignée par Poutine comme une opération « anti-terroriste », a coûté la vie à entre 100 000 et 300 000 civils tchétchènes.
Pro-fédéral et anti-wahhabite, Kadyrov est donc entré dans les bonnes grâces de Poutine qui lui a décerné la médaille du héros de la Russie. Et quel héros si on peut encore décemment utiliser ce terme pour un tel personnage.
Pendant l'affaire des caricatures, alors qu'il était premier ministre de la République de Tchétchénie, Kadyrov a interdit la présence sur le sol tchétchène d'ONG danoises dont certaines étaient dévouées à l'humanitaire. Kadyrov est décrit comme un nationaliste radical. Violent et antidémocratique, il est également accusé d'actes de torture et de meurtres.

Anna Politkovskaïa, la journaliste assassinée qui s'était brillamment illustrée par son courage en effectuant plusieurs reportages en Tchétchénie pour y dénoncer les atrocités qui s'y déroulaient a écrit dans l'un de ses derniers articles publié le 11 septembre 2006 : « Qu'est-ce que le syndrome Kadyrov ? On peut le caractériser par les traits suivants que sont l'insolence rustre et la cruauté masqués par du courage et de l'amabilité. En Tchétchénie le Kadyrovtsy frappe les hommes et les femmes à partir du moment où ils pensent que c'est nécessaire. Ils les décapitent de la même façon que leurs ennemis Wahhabites. Et tout ceci est justifié et commenté par les plus hautes autorités par "détails afin de soulever des Tchétchènes en faveur de la Russie". »

En résumé, loin d'avoir enrayé l'islamisme et le terrorisme, Poutine et sa brillante équipe n'ont réussi, tout au contraire, qu'à rendre cette région du monde encore plus dangereuse qu'elle ne l'était avant. Et cela en accomplissant ce qui relève d'un double exploit :
L'armée Russe, qui s'est rendue coupable d'actes de sauvagerie inouïe envers la population civile, n'a fait qu'exacerber les haines en poussant des Tchétchènes, désireux de venger leurs proches, vers le chemin du terrorisme. Une guerre bien improductive … et pour aboutir à quel résultat ? Finir par donner les rennes du pouvoir à ceux là même qui se revendiquent de l'islamisme, cette idéologie fascisante dans laquelle le terrorisme islamiste prend naturellement sa source. On tombe donc très loin des objectifs de départ tant clamés par Poutine.

Grozny, ville martyre de l'invasion Russe, a été rebâtie par Kadyrov qui tient plus du chef de secte que d'un véritable président. Pour cause, le culte de la personnalité est partout. "Ensemble, nous bâtissons le futur", dit un des portraits géants du président. Et quel futur !
En guise de projet politique, Ramzan Kadyrov souhaite « normaliser » la société tchétchène. Mais ce projet de normalisation n'a strictement rien à voir, comme on aurait pu s'y attendre, à un juste retour à la vie normale après quinze années de guerre. En réalité, l'actuel président souhaite imposer à l'ensemble de la société un ordre moral à cheval entre traditions patriarcales et islam rétrograde.

Désormais, le président l'a décidé, les jeunes filles doivent porter le foulard à l'université. Une mesure qui n'aurait « rien de très contraignant » selon les propres mots de Kadyrov. Peut être pour ne pas abattre d'un coup toutes les cartes du radicalisme, Kadyrov a affirmé que celles qui ne veulent pas avoir la tête entièrement recouverte peuvent se contenter d'un ruban négligemment noué sur les cheveux. Entendrons nous certains nous affirmer que Kadyrov est un des ces islamistes modérés avec lequel on peut bien s'accommoder ? Chassez le naturel, il revient au galop. Loin d'être modéré, Kadyrov a promis que les étudiantes, à partir de 2009, devront porter le hidjab. Pour se justifier, le président se dit certain qu'"elles adoreront cela"...

A la manière des intégristes chrétiens qui sont au pouvoir en Pologne, le rappel des normes de bonne conduite est omniprésent dans les médias. A la télévision, une émission est même dédiée à mettre en garde contre les tenues vulgaires et les moeurs déplacées. Bien sûr, cet ordre moral et sexuel vise uniquement les femmes qui, parait-il, en prendraient un peu trop à leur aise et qui sont donc systématiquement pointées du doigt comme étant fautives et impures.

La dégradation de la condition des femmes va donc en s'accélérant dans une société déjà fortement marquée par les traditions patriarcales. En novembre, les corps de sept jeunes filles assassinées par balles ont été découverts dans les environs de Grozny. Selon un responsable du parquet russe pour la Tchétchénie, les sept victimes, âgées de 25 ans à 30 ans, ont probablement "été victimes de criminels" qui auraient vu en elles "des femmes pouvant avoir un mode de vie amoral". Un mode de vie « amoral » qui peut donc justifier un abattage en bonne et due forme.
Mais pour Natalia Istemirova, qui dirige l'association de défense des droits de l'homme Memorial à Grozny, la vérité est ailleurs : "Ces assassinats n'ont rien à voir avec des crimes d'honneur parce que, dans ce cas, les jeunes filles, tuées par leur propre famille, sont enterrées et non pas laissées dans un fossé. Et puis en général, les familles font cela en secret." Selon elle, ces femmes auraient pu "être les témoins gênants de choses qu'elles n'auraient pas dû voir. Le fait que le parquet russe mette en avant l'amoralité des jeunes filles prouve", ajoute-t-elle, "qu'il n'y a pas de volonté de mener une enquête sérieuse". Qui dit vrai ? Personne n'a la réponse mais nul doute que les femmes Tchétchènes n'ont de toute façon pas de beaux jours devant elles. Kadyrov est en train de leur bâtir un futur sombre.