mercredi 25 mars 2009

Drôle

mardi 10 mars 2009

Excommunication de la mère d'une enfant violée

Une mère brésilienne a fait avorter sa fillette de 9 ans, enceinte de jumeaux, qui avait été violée par son beau-père. Jeudi dernier, l'archevêque de Recife dans le nord-est du Brésil a excommunié la mère de l'enfant. L'excommunication a été étendue à toute l'équipe médicale qui a pratiqué l'opération. Le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques au Vatican, a justifié l'excommunication de la mère: "C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient deux personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées", a déclaré Mgr Re, qui est également président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine. "Il faut toujours protéger la vie, l'attaque contre l'Eglise brésilienne est injustifiée", a-t-il estimé. Porter l’enfant issu d’un viol comme seconde humiliation, c’est cela le christianisme officiel ?

Vendredi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait vivement critiqué l'excommunication de l'archevêque de Recife, "déplorant profondément en tant que chrétien et catholique qu'un évêque de l'Eglise catholique ait un comportement aussi conservateur". D’autant que la grossesse de la fillette comportait de hauts risques et mettait la vie de l'enfant en danger. Au Brésil, l'interruption volontaire de grossesse est toujours interdite, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère.

Le violeur, quant à lui, n’est pas excommunié. Car "le viol est moins grave que l'avortement" a expliqué Giovanni Battista Re. Au nom d’un christianisme rétrograde et sexiste, le Vatican a donc choisi de culpabiliser la mère en lieu et place du violeur de son enfant. Ce n’est pas la première fois que le Vatican protège ainsi des prédateurs sexuels. Par le passé, le Vatican a étouffé de nombreuses affaires de pédophilie dans le plus grand mépris de la souffrance des victimes et de leurs familles. A cet égard, voir le Vatican se poser en défenseur des intérêts de l’enfant (à naître) alors qu’il laisse des pédophiles agir impunément et en toute liberté a de quoi laisser rêveur. Dans le débat sur l’avortement, c’est bien le contrôle du corps des femmes par les hommes, puisse-t-il aller jusqu’au viol, qui est en réalité clairement revendiqué. Et si le Vatican avait un tant soi peu de « respect pour la vie » comme il le prétend, il commencerait par s’attaquer au douloureux problème que représente l’infanticide des petites filles en Chine et en Inde. Mais ces fillettes assassinées ne constituent apparemment pas des personnes innocentes très intéressantes. Le Vatican n’a pas l’amour de la vie et ne protège pas les enfants. Le Vatican n’a que du mépris et de la haine pour les femmes.